Après un cancer, Jean-Luc court un semi-marathon

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[A peine sorti de chimio, Jean-Luc De Sutter est parti courir en Italie - D.R]

Jean-Luc De Sutter, de Manage, était à Bologne, en Italie. Sa destination ? Ferrara. Ce dimanche, il y a couru un “semi-marathon” en moins de 2 heures.… un véritable exploit pour celui qui, il y a à peine trois mois, achevait un traitement de chimiothérapie pour soigner un cancer du colon. Et s’il ne fera pas la distance complète, c’est parce que, depuis la fin des soins, il a encore connu de sérieuses complications.

Alors qu’il combattait un cancer du colon, Jean-Luc De Sutter, l’entraîneur d’athlétisme du club louviérois l’ACLO, s’est lancé un défi complètement fou durant l’été dernier: il a décidé de s’entraîner afin de courir en marathon. Un entraînement qu’il a suivi en parallèle à son traitement ! Un marathon qu’il devait courir ce dimanche en Italie, à Ferrara, près de Bologne.

DEUX MOIS PARFAITS

Et s’il na pas pu couvrir finalement la distance complète, il s'est tout de même aligné sur le 21 km! Un véritable exploit, surtout après les soucis supplémentaires qu’il a connus depuis la fin de sa chimio. Pourtant, en janvier, tout allait pour le mieux: “En janvier, après le dernier traitement, j’ai repris l’entraînement sur un rythme normal, en courant trois à quatre fois par semaine et en pratiquant la natation et le yoga les autres jours. En février, j’ai même remplacé la natation par la course. Tous les contrôles médicaux étaient bons. Je montais en puissance. J’ai commencé à courir sur des distances de 22 km! Et si c’était un peu douloureux, ça se passait plutôt bien ”.

Jusqu’au 18 février. Ce jour-là, il court normalement ses 22 km: “Mais à la fin, j’ai commencé à ressentir une douleur dans le cou. J’ai pensé que c’était musculaire. Mais le lendemain, je passais un test à l’effort sur tapis. Et là, je me suis carrément senti mal! Je me suis senti tomber dans les pommes. Pourtant, mon coeur et tous mes examens étaient bons. J’avais même gagné 25% en endurance en un mois. Mais comme les douleurs ont continué, le lendemain du test, je me suis rendu chez mon médecin traitant. ” Et très vite, Jean-Luc se retrouve à l’hôpital: il a fait une thrombose au niveau de son portacath.

UNE THROMBOSE

Il s’agit donc d’un caillot de sang qui s’est formé dans la veine où se trouvait le portacath, un dispositif sous-cutané destiné à faciliter la prise de la chimio, et qui permet d’être traité à domicile: "Mon médecin m’a dit que cela n’arrivait jamais! Mais malheureusement, cela m’est arrivé.” Et dans un premier temps, le ciel s’effondre: “Parce qu’un médecin m’a dit que je risquais des épanchements de sang en cas de déchirure musculaire. Pour lui, je ne pouvais plus courir tant que j’étais sous anticoagulant. Or, je le serai encore jusqu’au mois de mai! J’ai essayé de le cacher au maximum mais à ce moment- là, j’avais le moral à zéro.”

Heureusement, quelques jours plus tard, deux autres médecins lui donnent un avis favorable: "ils m’ont donné leur feu vert pour reprendre l’entraînement. Ça m’a reboosté! Mais après 13 jours sans entraînement, j’ai dû me résigner à ne pas courir le marathon complet.” Ce dimanche, il a parcouru les 21,1 km à Ferrara en moins de deux heures. Et même si pour Jean-Luc, qui est très (parfois trop ?) exigeant, c’est une petite déception, l’exploit n’en est pas moins grand !

OLIVIER HENSKENS

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